Que vieillisse enfin le Jour et que grandisse le Soir,
Que s'ébroue la Terre et que marchent les arbres,
Pour que la Colombe perde pied et se laisse choire,
Alors que pleurent en choeur les vents, une pluie d'ombres,
Venant des frêles nuages là-haut, dans le ciel sans vie,
Où nagent des poissons cristallins réflétant la lumière,
D'un Soleil éteint, hôte de vers blancs qu'il nourrit,
Et que dans les jolis lacs d'encre flottent les reflets de l'Envers,
Lorsque sur leurs rives la Mort-Naît et la Vie-Meurt,
Occupé à leur guerre fratricide pour le monopole de la Solitude,
S'entredéchirent au milieu des fleurs sans couleurs,
Alors que les grenouilles chantantes avalent la brise,
Et que les ténébreux corbeaux laissent tomber leurs plumes,
Pour que de leurs germinations croissent les crises,
Celles qui nous noieront nous emportant au loin dans les brumes.